Par ses non décisions, le gouvernement bruxellois fait le choix de mettre fin à l’expertise d’Angela.D sur les questions d’accès au logement des fxmmes et des minorités de genre.
L'asbl Angela.D se sépare de l’entièreté de son équipe faute de financement. Pionnière de la défense du droit au logement des fxmmes et des minorités de genre en Belgique comme en Europe, l'association est victime du refus du gouvernement bruxellois d'honorer ses engagements financiers.
Pendant plus de 600 jours, la Région bruxelloise a fonctionné sans gouvernement de plein exercice. En l'absence de majorité, tout le secteur associatif a survécu au compte-gouttes : subsides gelés, versements aléatoires et contrats non renouvelés. Des montants pourtant votés par le Parlement n’ont pas été payés. À cette paralysie politique s'est ajouté un "effet ciseau" fatal : les salaires ont été indexés, mais pas les subsides. Le nouveau gouvernement, a fait le choix d’une politique austéritaire se traduisant par des coupes sèches de subsides et n’honore toujours pas les engagements financiers précédents.
Cette inaction est un choix politique. Elle plonge les associations dans la précarité, impose des licenciements massifs et affaiblit leurs missions de service public. Elle appauvrit la population bruxelloise, en frappant encore plus fortement les plus vulnérables.
→ Angela.D affirme sa totale solidarité avec toutes les organisations sociales et féministes qui luttent au quotidien pour exercer leurs missions face à ces plans d'austérité.
À Bruxelles, les fxmmes (et les enfants) sont les premières victimes du mal-logement. Elles représentent la majorité des 62 000 ménages sur liste d'attente. Ce sont elles qui assument l'essentiel du travail de care (soins aux proches), subissent les écarts de revenus et se retrouvent en première ligne face aux expulsions. Lorsque la précarité croise la monoparentalité ou l'origine, accéder à un toit décent devient impossible.
→ C'est pour combattre cette injustice qu'Angela.D a développé une expertise unique en Europe.
Depuis sa création en 2018, l'asbl a concrétisé l’ordonnance régionale sur le gender mainstreaming [ 1 ] grâce à des actions fortes. En 2024, elle a reçu l’agrément régional Association œuvrant pour l’insertion par le logement (AIPL).
On ne pilote pas un secteur humain essentiel à coups d'incertitudes.
Aujourd'hui, les coupes budgétaires condamnent l’asbl. Les fonds promis (Innoviris et AIPL) ne sont plus honorés ou arrivent avec des retards critiques. Alors que plus de la moitié de l’année s’est écoulée, Angela.D, comme toutes les structures financées par l’AIPL, ne connait toujours pas son budget de fonctionnement. L'argument des caisses vides ne tient pas. Angela.D ne réclame pas d'argent supplémentaire, mais simplement le respect des promesses de l'État. Cette gestion impossible a conduit Angela.D à licencier l’ensemble de son équipe.
Au-delà du drame humain et de l’impact que ces non-décisions ont sur les publics bénéficiaires de l’asbl, les responsables politiques détruisent sciemment une expertise sociale et architecturale irremplaçable. Ce savoir ne s'achète pas sur catalogue : il se bâtit dans la durée, sur le terrain. Licencier l'équipe revient à effacer six années de travail, à priver les familles relogées de leur accompagnement et à abandonner les fxmmes qui attendent un toit.
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